Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

François Alphonse Mangeon

1804 -1886

 

            Il succède à Louis Théodore Ducessois à partir de 1839.

Il a une page sur Data BNF mais très succincte car sans dates de naissance et de décès. Par contre ses œuvres sont détaillées et nombreuses.

            Après moult recherches, j’ai réussi à connaitre ses prénoms et ainsi le retrouver sur Geneanet.

Il est né le 4 février 1804 à Paris, son père était homme de confiance.

Il se marie le 17 juillet 1827 à Paris avec Marie-Louise Lendormy.

Le couple habite rue de la Montagne Sainte Geneviève.

 

 

         L’imprimerie du 67 rue Saint Jacques est vendue par Louis Théodore Ducessois (successeur de Richomme) pour la somme de 16 200 francs.

            C’est Louis Alphonse Mangeon qui l’achète et qui dorénavant sera Imprimeur en taille douce.

            L’annuaire de 1839 le confirme

 

Auparavant, Louis Mangeon a été apprenti puis ouvrier dans cette imprimerie.

            Il aurait commencé à y travailler dès l’âge de 13 ans comme apprenti. (voir document ci-dessous).

            Il reste imprimeur jusqu’en 1886 comme le témoigne l’acte de décès de sa femme en mars 1886.

            Son petit-fils, Eugène Mangeon, 26 ans est lui aussi imprimeur et habite à la même adresse.

            Louis Alphonse décède seulement quelques mois après sa femme mais à l’Hospice de la Rochefoucauld  dans le 14e arrondissement.

En 1887, le nom de Mangeon apparait encore dans l’annuaire du Commerce.

 

En 1851, Louis Alphonse Mangeon est condamné pour avoir publié une gravure sans avoir mentionné son nom au bas de celle-ci.

Il fera appel et voici le jugement prononcé le 22 août 1851. (Gazette des tribunaux 1851)

COUR D'APPEL DE PARIS (ch. correct.).

Présidence de M. Lechanteur.

Audience du 20 août.

IMPRIMEUR EN TAILLE-DOUCE. LOI DU 21 OCTOBRE 1814.

— DÉFAUT DE SIGNATURE. — LE PÈRE-ÉTERNEL RECEVANT

AU CIEL LES VICTIMES DE JUIN 1848.

Nous avons rapporté, dans notre numéro du 30 avril dernier, le jugement qui a condamné le sieur Mangeon, imprimeur en taille-douce à Paris, à deux amendes distinctes, l'une de 3,000 francs pour contravention à l'article 17 de la loi du 21 octobre 1814, qui exige la mention du nom de l'imprimeur au bas de tout ouvrage sortant de ses presses ; l'autre amende de 100 francs pour infraction à l'article 7 de la loi du 27 juillet 1849, qui prescrit le dépôt au parquet avant toute publication.

Ce n'est point à raison d'un livre, ni même d'une brochure, que le sieur Mangeon a été poursuivi et condamné.

Il  s'agit d'une lithographie représentant ou croyant représenter le ciel et ses habitants, au milieu desquels apparaissent ceux qui sont tombés victimes des fatales journées de juin 1848. Dieu le père est debout sur un nuage, et ses bras s'étendent à droite et à gauche sur deux groupes de têtes, dont les unes représentent les braves généraux morts en défendant la société audacieusement attaquée, et dont les autres- paraissent représenter les héros des barricades.

Au bas de cette scène, placée dans les nuages, l'auteur a représenté l'entrée du faubourg Saint-Antoine, et l'archevêque de Paris, debout sur une barricade, présentant aux insurgés l'olivier de la paix, et recevant la mort au moment où il accomplit ce saint acte de conciliation. Au pied de la barricade sont plusieurs insurgés étendus morts; d'autres qui chargent leurs armes ; partout règnent le-tumulte et la désolation.

Près de l'archevêque est un énorme lion qui, dans la pensée de l'auteur, symbolise la force.

Les paroles de paix apportées par le saint archevêque sont inscrites au dessous de ce salmigondis philosophique et allégorique.

Puis, sans transition aucune, ces mots : « Demandons le respect du dimanche ; puis, encore sans transition, un plan de renouvellement de la chambre des représentants par tiers et par périodes de deux années.

Le parquet a vu là un écrit traitant de matières politiques, et le sieur Mangeon a été poursuivi et condamné comme nous l'avons dit.

Il a interjeté appel de cette décision, et l'affaire est venue à l'audience de la chambre des appels correctionnels.

Après le rapport de l'affaire, présenté par M. le conseiller Filhon, M" Faverie, avocat, a présenté la défense du sieur Mangeon.

La gravure qui a motivé les condamnations prononcées contre le sieur Mangeon, a-t-il dit; n'a pas été poursuivie pour ce qu'elle contient, mais seulement pour ce qu'elle ne contient pas.  Si c'était une de ces œuvres anarchiques, comme savent en faire certains esprits malades qui no reculent pas devant la pensée de commettre à la fois une mauvaise action et une mauvaise gravure, je ne me présenterais pas à cette barre pour assister le sieur Mangeon.

 Il y a, dans l'esprit de l'auteur, une pensée de pardon, de conciliation et d'oubli. Il représente Dieu ouvrant les trésors de sa miséricorde à tous ceux qui  sont tombés victimes de nos fatales discordes civiles, de quelque côté des barricades qu'ils se soient trouvés.

Cela peut choquer nos idées de justice humaine; mais nous appartient il de juger la justice de Dieu ? ne peut-il pas pardonner là où nous ne saurions oublier, et n'est-ce pas de Dieu que le psalmiste a dit : « Copiosaapud eum redempto? »

Aussi le parquet n'a-t-il pas incriminé cette gravure comme étant anarchique. J'ajoute que si elle avait eu ce caractère, M. Mangeon ne l'eût pas imprimée, car rien n'est plus éloigné de ses idées, rien n'est plus antipathique à ses opinions.

Permettez moï de vous dire quelques mots sur le prévenu que j'assiste devant vous.

Ici M" Faverie explique à la Cour que son client, apprenti d'abord dans la maison qu'il dirige aujourd'hui, y était ouvrier à dix-huit ans, qu'il a succédé à son patron et qu'il travaille ainsi pour son compte depuis trente-quatre ans, sans que jamais le moindre reproche lui ait été adressé.

Dans les journées de Février 1848, il a eu le bonheur de recueillir chez lui et de sauver, en les gardant plusieurs jours, trois gardes municipaux dont la vie était menacée.

L'avocat s'attache à établir que la gravure imprimée par Mangeon ne peut pas être considérée comme traitant de matières politiques.

 L'image, en effet, est une épisode des journées de juin; ce n'est pas faire de la politique que de retracer des tableaux qui appartiennent à l'histoire de ces sanglantes journées.

Restent donc les quelques lignes qui accompagnent la gravure. Il y a là si peu de politique, cela y ressemble si peu, que la Cour pourrait bien, en raison des excellents antécédents du prévenu, de sa parfaite honorabilité , déclarer qu'il n'y en a pas du tout.

« Au surplus, dit Me Faverie, en terminant, ce que M. Mangeon a voulu, c'est parfaitement connu par la Cour.

Il espère que M. l'avocat général prendra note des observations que je

viens de présenter pour lui et qu'elles ne seront pas oubliées s'il a besoin, plus tard, de l'indulgence de l'administration pour l'exécution d'une condamnation que la Cour ne maintiendrait qu'avec regret, et qui serait sa ruine complète si elle était exécutée dans toute sa rigueur. »

M. l'avocat-général Saillard a vu dans les dernières ligues mises au bas de la gravure une pensée politique.

Dès lors, les contraventions étant constantes, le ministère public demande la confirmation du jugement du 29 avril, et cette confirmation est prononcée par la Cour.

 

            En tant qu’imprimeur, Louis Alphonse Mangeon a publié beaucoup de cartes de géographie.

Source : Gallica

 

Un peu d’histoire

 

Juin 1848

23 juin : début de la révolte populaire de Juin par l'établissement des premières barricades, durement réprimée par l'armée menée par le général Cavaignac. Le général Hippolyte-Marie-Guillaume de Rosnyvinen de Piré a fourni le témoignage suivant, inattendu, de l'attitude des insurgés de la barricade de la rue Nationale-Saint-Martin ce jour-là :

 « Citoyens représentants, entré le premier à la baïonnette, le 23 juin, dans la barricade de la rue Nationale Saint-Martin, je me suis vu quelques instants seul au milieu des insurgés animés d'une exaspération indicible. Nous combattions à outrance de part et d'autre ; ils pouvaient me tuer, ils ne l'ont pas fait ! J'étais dans les rangs de la Garde nationale, en grande tenue d'officier général ; ils ont respecté le vétéran d'Austerlitz et de Waterloo ! Le souvenir de leur générosité ne s'effacera jamais de ma mémoire… Je les ai combattus à mort, je les ai vus braves Français qu'ils sont ; encore une fois, ils ont épargné ma vie ; ils sont vaincus, malheureux, je leur dois le partage de mon pain… Advienne que pourra ! »

 

24 juin : le Panthéon de Paris est un des centres de l'insurrection. Plus de 1 500 insurgés s'y sont réfugiés. Ils sont délogés par le colonel Henri-Georges Boulay de la Meurthe à la tête d'un régiment de la garde républicaine.

Le général Damesme sera mortellement blessé lors de ces combats.

25 juin : Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est mortellement blessé sur les barricades. Le général Bréa est tué par les insurgés à la barrière d'Italie.

26 juin : fin de la révolte avec la chute de la dernière barricade, située faubourg Saint-Antoine.

 Ces journées révolutionnaires ont fait environ 4 000 morts du côté des insurgés, et 4 000 prisonniers sont déportés en Algérie. L'Assemblée décide de poursuites à l'égard de Louis Blanc.

28 juin : l'Assemblée remercie le général Cavaignac en le nommant chef du pouvoir exécutif.

Wikipédia

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article