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Eglise et Paroisse Saint Benoit

 

 

            La famille Mariette appartenait à la Paroisse Saint Benoit et pendant 4 générations (Pierre I et II, Jean et Pierre-Jean) , ils ont été enterrés dans l’église elle-même.

 

Plan Turgot (1734)

2 vues de l’église Saint Benoit

Ce fut une des premières églises parisiennes

Dans ses premiers temps, l’église était dédiée à la Trinité, sous l’invocation de Saint Bache. Présente avant les invasions normandes du IXe  siècle, elle permettait la vénération de Saint Bache et Saint Georges, martyrs de Syrie

A partir du XIIe  siècle, l’église est confiée à des chanoines et prend le nom de Saint Benoit. Parmi les conditions de ce transfert de Saint Benoit à l’évêché, il fut exprimé la nécessité pour le chapitre de Notre Dame de la maintenir comme station pour ses processions.

Saint Benoit était organisée alors autour de deux ailes larges sur le côté sud et une petite du côté nord.

Le sanctuaire fut refait ensuite au cours du XVIIe siècle.

Derrière l’église, un petit cimetière avait été installé. Il fut transféré en 1615 derrière l’Institut de France et définitivement fermé à la Révolution.

A la Révolution, l’église de Saint Benoit fut vendue le 18 décembre 1796. C’est un chasublier du quartier, Jérôme Watrin qui se porta acquéreur.

Avec le Concordat (1801) , le culte y fut restauré jusqu’en 1812.

A cette date, l’église changea de main et fut acquise par un meunier, Jean Baptiste Ouy, au prix de 65 000 francs.

On découvrit alors de nombreux ossements dans les combles du bâtiment. Ils furent transportés rapidement dans les catacombes.

L’église de Saint Benoit fut finalement détruite lors du percement de la rue des Écoles en 1854.

De cette ancienne église parisienne, il resta le Saint Sépulcre qui fut confié à Saint Etienne du Mont, l’orgue à Saint Jacques du Haut Pas. On peut également retrouver dans cette dernière, une statue de la Vierge qui était dans l’abside de Saint Benoit jusqu’en 1812. Le portail de l’église fut également installé dans une des cours de l’Hôtel de Cluny.

Le Saint Sépulcre est en fait un groupe sculpté en terre cuite et représentant la mise au tombeau.

Pierre I  et Pierre II Mariette ainsi que Jean Mariette furent inhumés dans la nef de l’église.

Pierre-Jean Mariette décédé  en 1774 fut enterré dans la chapelle de la Saint Vierge située derrière le chœur.

A partir de 1776, les inhumations dans les églises furent interdites pour raison de salubrité.

L’épitaphier du Vieux Paris (numérisé par Gallica) décrit ainsi la paroisse

 

Plan de la paroisse en 1786

 

Un  marguillier  est un  membre du conseil de fabrique d'une paroisse.

Le conseil de fabrique

 La fabrique désigne en premier lieu la communauté des biens paroissiaux qui sont exemptés d’impôt.

 Par extension, elle désigne également l’instance décisionnelle composée de paroissiens laïcs appelée Œuvre et fabrique ou conseil de fabrique12.

Ce conseil est composé des marguilliers dit « en charge », d’anciens marguilliers et, le cas échéant, de toutes les personnes qui y ont été invitées (curé, représentant des confréries de charité, etc.).

Les élections des nouveaux membres se font par cooptation et chacun exerce sa charge bénévolement.

Pour être marguillier, il faut être avant tout paroissien laïc et de bonnes vie et mœurs ; dans les faits, il faut également être d’une bonne condition sociale.

La fréquence des réunions du conseil, variant de quelques réunions annuelles à plusieurs réunions mensuelles, est déterminée selon les besoins de chaque conseil de fabrique. Ceci permet de s’adapter à d’éventuelles nécessités pressantes tout en ne contraignant pas les marguilliers à des réunions trop fréquentes, auxquelles l’exercice de leur métier les empêcherait d’assister.

 Lors de ces réunions, le conseil discute de projets liés à la gestion des biens temporels de la paroisse. Les points soumis à l’ordre du jour sont le plus souvent proposés par les marguilliers en charge, mais ils peuvent aussi être soulevés par le curé ou toute autre personne invitée, comme en témoignent les quelques procès-verbaux de délibération conservés.

Les propositions sont adoptées à l’unanimité ou à la pluralité des voix. Il revient ensuite au bureau1 restreint, composé de quatre marguilliers « en charge » dont deux comptables, de mettre en œuvre les décisions adoptées collectivement et d’assurer la gestion quotidienne des biens de la fabrique.

 Ces quatre marguilliers sont élus par l’assemblée du conseil de fabrique pour des mandats de deux ans généralement, plus si besoin.

Source : Léonore Losserand

Un autre son de cloche : le rôle des marguilliers dans les chantiers des églises paroissiales de Paris sous l’Ancien Régime

            Dans l’acte de décès de Jean Mariette en 1742, il est ainsi nommé, « ancien adjoint de sa communauté, ancien commissaire des pauvres et ancien marguillier »

            Son fils Pierre-Jean est lui aussi ancien marguillier.

 

Un peu d’histoire

         Le concordat

       Le concordat de 1516 qui régissait les relations entre le Saint-Siège et la France fut unilatéralement aboli par l’assemblée constituante de 1789, qui le remplaça par la Constitution civile du clergé. C’était le triomphe du gallicanisme politique.

      Cependant, jamais acceptée par l’Église catholique, la Constitution civile provoqua un schisme en France, le clergé étant divisé entre assermentés et insermentés. Les seconds furent persécutés. De nombreux prêtres sont morts en déportation.

       Après 1794 l’Église constitutionnelle perd de plus en plus son caractère officiel, le Directoire devenant plus nettement anticlérical.

      L’enlèvement de Pie VI à Rome et sa mort, en captivité à Valence, le 27 août 1799 consomme la rupture totale entre la France et le Saint-Siège.

        L’avènement de Napoléon Bonaparte comme premier consul (novembre 1799) et l’élection du pape Pie VII (mars 1800) changent la situation. Un rapprochement est possible.

Le concordat de 1801 est un traité entre la République française et le Saint-Siège réglant les relations entre la France et l‘Église catholique. Comprenant 17 articles il fut signé le 15 juillet, puis ratifié le 15 août 1801 par le pape Pie VII et le 8 septembre par Napoléon Bonaparte, premier consul.

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