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                Étant étonnée par l’âge d’une de mes ancêtres, Marguerite Jacquier lors de la naissance de son premier enfant Pierre  ( 37 ans), j’ai découvert un secret.

            C’est l’objet de ce RDVAncestral.

 

Je viens de recevoir une lettre un peu particulière car elle est datée de mars 1861. C’est une invitation pour aller voir Marguerite Jacquier.

Avant de m’y rendre, je réfléchis et consulte mes archives.

Marguerite Jacquier  (1791 – 1862) est l’épouse d’Éloi Parrain (1784 – 1852) et la mère d’Héloïse (1831- 1897) qui a épousé Joseph Dumonceaux (1825- 1878).

Ce couple a pour enfant Charles né en 1860 et mon arrière-grand-père.

            Je me rends donc un après-midi de mars chez elle. C’est un quartier très populaire avec beaucoup de petits immeubles.

En 1848, des barricades ont été construites et celle de la rue du faubourg du Temple a été immortalisée par une photo

Arrivée devant la porte de la famille Dumonceaux, je toque et une vieille femme vient m’ouvrir.

Je me dis qu’elle n’a pas encore 70 ans (plus jeune que moi actuellement) et c’est un choc.  Pourtant, elle a la voix assurée.

            Nous pénétrons dans l'appartement et nous nous asseyons de chaque côté d’une table. J’aperçois 2 enfants, une fillette et un tout petit garçon qui ne marche pas.

            Marguerite m’explique que ce sont ses 2 petits-enfants : Amélie, 6 ans et Charles  8 mois.

            Et puis, nous entrons dans le vif du sujet, les confidences de Marguerite.

 

            J’ai décidé de te confier mon secret que je n’ai jamais révélé à quiconque.

C’est en voyant Charles, mon petit-fils,  que j’ai éprouvé des regrets.

Avant lui, ma fille a eu 2 autres garçons mais, mis en nourrice, à quelques jours, ils sont décédés très rapidement.

Ensuite, lors de leur naissance, mon mari vivait encore et je n’habitais pas ici.

         Je suis née le 8 septembre 1791 dans le village de Saint Hilaire au Temple (Marne).

 

            Mes parents s’appelaient Louis Jacquier et Marie-Louise Jacquet. Ils s’étaient mariés quelques mois avant ma naissance (mai 1791) car ma mère était enceinte.

Mon père avait déjà été marié et avait eu 3 filles  dont une prénommée aussi Marguerite.

         Quand j’avais 20 ans, une de mes sœurs Marie Michelle a eu une fille sans père. Cette grossesse a déclenché la colère de Louis Jacquier.

Il a menacé sa fille car elle lui faisait honte …..

         J’ai donc décidé de quitter le village et je suis venue à Paris où le seul emploi possible était celui de domestique.

            Les années ont passé, mais début 1818, j’ai découvert que moi aussi j’étais enceinte.

         J’ai accouché à la Maison d’accouchement du 12e arrondissement  (Maternité de Port Royal)

         En même temps, j’ai pris la décision la plus douloureuse de ma vie, celle d’abandonner mon enfant à la naissance.

         Comme je ne voulais pas qu’il puisse me retrouver plus tard, je me suis fait appeler Françoise Jacquet.

Françoise est mon 2e prénom et Jacquet le nom de ma mère.

Je lui ai donné le prénom de François en souvenir de moi, même s’il ne le saura jamais.

 

Un long silence s’installe.

Je suis médusée par cet aveu, Marguerite verse quelques larmes qu’elle essuie rapidement.

            Je suis restée quelques jours à la maternité puis suis rentrée chez moi. J’ai repris immédiatement mon travail.

         Pour ne pas avoir à recommencer, je me suis abstenue de fréquenter un homme.

         Mais  au début de l’année 1828, j’ai rencontré un ouvrier parfumeur plus âgé que moi et qui m’a paru tellement bon et gentil.

         Nous avons commencé à nous voir, il m’ a expliqué qu’il était veuf et qu’il avait aussi perdu les 2 enfants nés de cette union.

         Et le 28 juin 1828, nous nous sommes mariés.

J’ai retrouvé ma véritable identité, Marguerite Jacquier.

Et j’ai oublié de te donner quelques renseignements sur lui.

Il s’appelait Éloi Toussaint Parrain et était né à  Sennevières (Oise ) le 1er novembre 1784.

Acte non reconstitué

Seule trace, la collection Mayet

            Et ensuite nous avons eu 2 enfants :

Pierre né le 12 octobre 1829

Héloïse née le 9 août 1831

Comme j’avais 40 ans, il n’y en a pas eu d’autre.

         A cette époque, nous habitions 22 rue du Cloitre Saint Merri.

En 1832, les 5 et 6 juin, nous avons observé de près les émeutes qui ont suivi les obsèques du général Lamarque. 

Elles firent 800 morts et blessés. Parmi eux, un enfant de 12 ans et un vieillard.

 

         Oui je connais cette histoire et je sais aussi que Victor Hugo s’en inspira pour le personnage de Gavroche.

       

Héloïse a été baptisée à l’église Saint Merri située juste en face de notre domicile.

            Quand mes enfants sont devenus plus grands, j’ai commencé à travailler. J’étais marchande sur les marchés de Paris.

Quand mon mari, Éloi, est décédé (en 1852) j’exerçais encore ce métier mais à la Halle centrale qui venait d’être inaugurée.

C’était très fatigant car je devais me lever très tôt et porter des charges lourdes.

La Halle Centrale, premier pavillon en pierres qui sera démoli en 1866

Photo de Charles Marville

            Ma profession est indiquée sur l’acte de décès de mon mari et lui était toujours ouvrier parfuleur malgré son âge (68 ans)

 

            Un long silence s’installe entre nous, la lumière du jour a décliné mais la pénombre sied bien à nos sentiments.

            Je sens que Marguerite est soulagée d’un grand poids.

C’est à mon tour de lui donner quelques renseignements.

            Grâce à la magie de ce RDVAncestral, je peux lui donner des nouvelles de son fils François.

Sur le registre de dépôt, il est indiqué qu’il est parti chez une nourrice dans la Somme.

 

Et encore plus extraordinaire, je viens de découvrir (sur Geneanet) qu’il s’est marié et a eu une descendance.

            Ayant contacté une femme sur le site pour lui poser une question, elle m’a dit que son mari était un descendant de François Jacquet né en 1818.

 

Je sens Marguerite bien perplexe, c’est vraiment trop compliqué pour elle d’imaginer cela.

            Je la quitte et lui dit au revoir  tout doucement.

 

            Marguerite va encore vivre une année et elle décède le 15 mars 1862.

Elle sera inhumée au cimetière de Montmartre dans la fosse commune.

10 ans aoparavant, Éloi avait été enterré dans la fosse commune du Père Lachaise.

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J
Je suis un descendant de ce François Jacquet
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Je me suis mal exprimée et je préfère avoir vos coordonnées (je me suis déjà fait pirater en donnant les miennes)<br /> Merci d'avance
J
Bonjour "l'auteur"<br /> Oui avec plaisir
Si vous souhaitez que nous fassions plus ample connaissance, dires le moi et je vous donnerai mes coordonnées.<br /> Cordialement
T
Merci pour ce rdv, qui a de commun avec le mieux une mère célibataire...<br /> Cordialement Alain
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