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X comme une inconnue

Mémé ou Victorine  

 

            Dans ses agendas, Maman Lise parle très souvent de Mémé et parfois de Victorine.

            Le nom de Mémé est le plus souvent associé à un membre de la famille Foucart.

            Elle apparait sur de nombreuses photos familiales. L’une des premières fois est en 1906, peu de temps après la naissance d’Yvonne Foucart (née en juin 1905).

Sur la photo ci-dessous prise en 1906, c’est la femme assise à droite.

A côté d’elle, Anna Brunet (sœur de Charles Dumonceaux) et Marie Martin (la mère de Louise Dumonceaux)

Debout derrière, les 2 filles d’Anna (Suzanne et Germaine) et au centre Madeleine Foucart (la fille de Louise et Charles)

 

Qui était Mémé ?

            Elle s’appelait Victorine Courtoison

Mais comment retrouver sa trace quand on ne possède rien d’autre que ses nom et prénom.

            Je n’avais comme certitude que peu de chose : elle n’habitait avec les Foucart car elle n’apparaissait pas avec eux sur les recensements de 1931 et 1936.

            Puis une lecture attentive des agendas de Louise m’a permis de découvrir que celle-ci avait noté son adresse : 10 rue Jules Guesde à Issy les Moulineaux.

En consultant les recensements d’Issy les Moulineaux, j’ai pu retracer en partie sa vie.

            Elle est née le 24 décembre 1862 à Pont La Ville (Haute-Marne)

 

Son père est vigneron, âgé de 38 ans et sa mère porte un prénom curieux : « Bénigne »

Le couple a déjà 2 fils né en 1859 et 1860.

 

            Victorine va quitter Pont La Ville après 1881 (dernier recensement où elle est présente chez ses parents).

Où va-t-elle ? Mystère, sans doute Paris pour se placer comme bonne.

Elle aurait eu un enfant adultérin et il lui a fallu quitter son village natal en raison du déshonneur.

Elle va passer sa vie aux côtés de la famille Foucart et va y jouer un rôle très important.

         Pascal, un arrière-petit-fils de Madeleine Foucart a interrogé son oncle, Jacques Gressin  le dernier à avoir connu Mémé :

« Victorine était issue d'une famille de paysans et aurait mis au monde un enfant hors mariage, ce qui, à l'époque, était perçu comme un grave déshonneur. Madeleine Foucart n'en parlé qu'une seule fois à son petit-fils, Jacques, et ce fut avec une gêne évidente, de sorte qu'elle ne s'était pas appesantie davantage sur le sujet. En particulier, Madeleine n'a jamais rien dit à Jacques sur l'enfant adultérin (le savait-elle elle-même ?). Jacques n'a jamais su ce qu'il était devenu mais ce dont il est persuadé c'est que Victorine a dû s'en séparer.

Elle est entrée au service de Louis et Madeleine Foucart à une période et en des circonstances que Jacques ignore. Mais elle a vite fait partie du cercle familial puisque, non seulement elle s'occupait du ménage et de la cuisine, mais, de plus, elle a participé à l'éducation des enfants Foucart dans la mesure où les parents, tous deux enseignants, étaient fort occupés en journée par leurs obligations professionnelles.

C'est surtout à partir du début de la seconde Guerre Mondiale que Jacques a bien connu Victorine. En effet, en septembre 1939 son père, Marcel, a été mobilisé et sa mère, Yvonne, a été réquisitionnée pour évacuer sa classe à La Bernerie (près de Pornic, donc non loin de Préfailles). Louis et Madeleine se sont alors repliés à Préfailles, où ils ont accueilli les trois enfants Gressin ainsi que Suzanne (sœur d'Yvonne) et Victorine. À l'époque, Victorine, déjà retraitée, était âgée. En raison de l'exiguïté de la maison de Préfailles et du nombre de personnes qui devaient alors y cohabiter, Victorine partageait une chambre avec Jacques.

À l'armistice de 1940, Victorine est retournée chez elle à Issy-les-Moulineaux. Victime d''une fracture du col du fémur, elle fut hospitalisée à l'hôpital Corentin Celton, alors appelé Petits Ménages. À sa sortie, incapable de vivre seule, elle fut accueillie par Suzanne et son mari Julien dans leur petit appartement de la rue Baudin à Issy-les-Moulineaux. Cette cohabitation a duré quelques années, jusqu'à ce que Julien, trouvant la charge trop lourde, fasse entrer Victorine à l'hospice (je suppose qu'il s'agissait de celui qui était intégré à l'hôpital Corentin Celton mais je n'en ai pas a certitude). Suzanne et son frère Marcel Foucart l'ont accompagnée et assistée dans ses derniers moments et les dernières paroles qu'elle prononça en les voyant furent : "je suis heureuse". Pour elle, les enfants Foucart étaient un peu les siens.

Aux yeux de Jacques, Victorine fut donc bien plus qu'une simple employée de maison : elle faisait bel et bien partie du cercle familial et était une personne digne de respect et d'estime. »

 

            Les recensements d’Issy les Moulineaux 

En 1921, elle habite rue de Chevreuse, est journalière et âgée de 61 ans.

 Elle vit avec Clémence Hantson née en 1880 à Roubaix et indiquée comme « Enfant ».

Mais ce n’était pas la fille de Victorine.

            En 1926, 1931 et 1936, elle est domiciliée au 10 rue Jules Guesde à Issy les Moulineaux.

Elle est toujours salariée.

            Le dernier recensement date de 1946, et elle habite chez Julien et sa femme Suzanne, comme amie.

            Je ne sais pas où et quand elle décède.

            Voici quelques photos où elle apparait :

  • Octobre 1907 : le mariage de mes grands-parents Robert et Henriette

 

  • En 1910- 1911  avec Yvonne et Suzanne Foucart

 

  • Une photo de 1927 : Madeleine Foucart, ses enfants et Mémé

    Sur le banc : René, Mémé, Madeleine et Yvonne

              Suzanne, Marcel (le mari d’Yvonne) et Marcel

 

  •   En 1938 : Louis et Madeleine Foucart avec leurs enfants et leurs 3 premiers petits-enfants : Denise, Geneviève et Jacques (les enfants d’Yvonne et Marcel Gressin)

Mémé est assise à droite

Sur les genoux de Louis,  Jacques son petit-fils

 

 

 

 

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