# Paris 1821 - 1922 : Adèle Dumonceau (2)
Adèle Dumonceau (2)
1838-1841
A la naissance de son fils, Adèle a 36 ans et est domestique.
J’ai retrouvé sa trace en 1838 dans les registres d’admission de la Salpêtrière.
Elle a été placée d’office sur ordre du Préfet de police comme « folle » le 10 août 1838. Elle a 38 ans.
Sur le registre d’entrée on peut lire :
Dumonceau Adèle, matricule général 10167
Placement d’office N°489
Née à Alost (Belgique)
Age : 35 ans
État civil : fille
Profession : domestique
Adresse : 25 rue Jean de Beauvais
Placée par la police
Cause présumée de l’aliénation : chagrin
Genre de maladie : hallucination et démence commençante
Le placement d’Adèle par le Préfet de police de Paris est autorisé depuis le vote de la loi du 30 juin 1838.
Cette loi, dite « Loi des aliénés », est une loi promulguée sous le règne du roi Louis-Philippe qui traitait des institutions et de la prise en charge des malades mentaux. Cette loi est restée presque complètement valide jusqu'en 1990.
Adèle mourra le 11 août 1841, atteinte d’un cancer de l’utérus.
Elle aura été hospitalisée pendant 3 ans soit 1097 jours.
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Les Archives de Paris viennent de mettre en ligne les tables de succession et d’absences jusqu’en 1850.
Adèle Dumonceaux est enregistrée. Elle ne possède rien.
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La Salpêtrière (Gallica)
En 1612, la régente Marie de Médicis décide de construire l’hospice Notre Dame de la Pitié, établissement destiné à enfermer les pauvres de la ville. L’emplacement occupait à peu près le territoire de l’actuelle mosquée de Paris et était placé sous la tutelle du Parlement.
Le 27 avril 1656, par l’édit du Roi, l’Hôpital général est créé également dans le but d’enfermer les mendiants des villes et des faubourgs devenus trop nombreux avec les malheurs des guerres. Cette situation inquiétait et était incompatible avec la monarchie absolutiste qui se mettait en place avec Louis XIV. Cinq maisons formaient l’Hôpital général : la Pitié, Scipion, Savonnerie, Bicêtre et la Salpêtrière, la Salpêtrière étant le plus connu.
L’hospice de La Salpêtrière doit son nom à la fabrique de poudre à canon (le salpêtre en était un composant) du Petit Arsenal, construit sous Louis XIII, sur la rive gauche de la Seine et situé à l’époque en dehors de Paris. Certains bâtiments légués par le Petit Arsenal à l’hospice sont encore intacts aujourd’hui. Jusqu’à la veille de la Révolution, la Salpêtrière n’avait pas de fonction médicale et les malades étaient transportés à l’Hôpital Dieu pour y être soignés.
La Salpêtrière subit au fil du temps des modifications majeures jusqu’à lui donner son aspect actuel : des bâtiments anciens sont modernisés, d’autres nouveaux sont construits, comme la fameuse prison, la Force, pour les femmes aliénées, prostituées ou condamnées, criminelles ou voleuses. Ont été ainsi enfermés en ces lieux les convulsionnaires de Saint Médard, Manon Lescaut, héroïne de l’Abbé Prévost, aumônier à la Salpêtrière lui-même, ou, plus tard, la comtesse de la Motte.
Au cours des ans, les locaux réservés aux femmes aliénées ont été individualisés. Il s’agit des fameuses Loges aux folles : au nombre de quatorze au XVIIe siècle, elles sont reconstruites par Viel entre 1786 et 1789. Et c’est dans ces loges de Viel que Philippe Pinel étudie les aliénées, les libère de leurs chaînes et commence son enseignement.
La visite aux folles constituait pour les Parisiens et les étrangers un lieu de promenade, un des éléments du circuit touristique de l’époque. Pendant les 18e et 19e siècles, les progrès de la médecine font naître des exigences nouvelles. Pinel, Esquirol, Charcot confèrent à la Salpêtrière l’image d’un établissement performant où l’importance prise par le traitement des maladies mentales modifie l’organisation globale du service médical.
Charcot y crée, avec l’aide de Gambetta, en 1882 la première chaire de neurologie dans le monde. Ses Leçons ont été traduites dans toutes les langues. Ainsi, après avoir suivi des cours auprès de Charcot à Paris, Freud en a proposé la version allemande. Charcot fait de la Salpêtrière un haut lieu de la vie parisienne attirant médecins, écrivains, acteurs, journalistes du monde entier (Alphonse Daudet, Cernuschi, Jules Janin entre autres) qui se rendent régulièrement à ses célèbres Leçons du Mardi.